Qu’arrive-t-il à l’éducation ?

Pourquoi tant de parents et d’enseignants témoignent qu’elle leur échappe ?

Quels sont les outils ajustés aux enfants d’aujourd’hui ?

Comment recentrer les enfants en difficulté ?

Comment aider les enfants à trouver leur juste place dans une société en pleine mutation ?

Comment nous reconnecter à notre Essence, à la pleine Vie et à la Nature ?

Toutes ces questions nous nous les posons au quotidien. La technologie a changé, la société a changé, les temps et les besoins aussi…

bien évidemment les enfants d’aujourd’hui ont changé également d’une manière formidable.

A leur contact, nous avons claire conscience qu’à enfants différents, éducation différente… Nécessairement !

Il est impératif que l’éducation s’ouvre à ce changement, car c’est bien là le premier domaine concerné par nos enfants si différents dans leur manière d’apprendre, leurs centres d’intérêts, leurs quêtes, leurs manières de vivre, de sentir et d’être.

dimanche 29 avril 2012

Philippe Meirieu soutient le projet de maison d'EduKa-3000

“Je suis très intéressé par le projet EduKa dont le caractère novateur me semble très prometteur.
C’est un projet pertinent et dont je souhaite vivement qu’il puisse trouver les conditions matérielles de sa réalisation ainsi que l’accompagnement institutionnel et pédagogique qui lui permettra d’être mené à bien.”


Philippe Meirieu

Professeur en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon 2

Vice président de la Région Rhône-Alpes, délégué à la formation tout au long
 de la vie

lundi 2 avril 2012

Merci à vous tous qui êtes venus habiter l'espace ouvert par EduKa-3000 samedi soir,
réagir, rebondir, ressentir au plus profond la vision transmise par le film Faire Face à l'Autorité.

Merci pour ce que vous êtes, pour l'humilité de vos propos et la beauté de ce que vous créez.

Merci à Armand Bernardi pour sa profondeur, sa parole juste et sa maestria !

EduKa-3000 est bien cela, un espace de liberté, un espace de rencontres authentiques et une invitation à inventer et explorer ensemble de nouvelles voies.

Merci de l'avoir une nouvelle fois créé ce samedi soir !

Entendu samedi soir lors de la projection/débat de Faire Face à l'Autorité

Ethymologie du mot AUTORITE
Aug augmenter
C’est celle qui augmente l’autre, qui le fait croître
Augtor
Auteur celui qui augmente par sa parole, celui qui donne la parole.

On ne peut pas avoir de l’autorité sur quelqu’un si on n’a pas d’ascendant sur lui, si on ne lui transmet pas quelque chose, dans un sens quasi-généalogique.
(Robin Renucci, acteur)

L’autorité ça commence quand l’enfant dit non.
Quand il dit non, il ne veut pas entendre oui à chaque fois. (Marcel Rufo)

C’est les parents qu’il faudrait éduquer, pas les enfants (Jeannette).

Vraiment l’autorité ça ne se décrète pas ça s’incarne.
Oui, c’est absolument vrai. Regardez ces classes entières impeccables avec certains enseignants et insupportables avec d’autres. (Marie-Françoise, auteur, conférencière, thérapeute)

Créer une énergie, un moteur.
En vérité, on peut être dans la plus belle énergie, centré, bienveillant, disposé… et ils vont être odieux, et un autre jour on est irrité, instable, fatigué… et ils sont parfaits. (Dominique, enseignante lycée)

Je plaide pour la pédagogie de projet (voir Célestin Freinet)
Comment, nous, enseignants scolaires pouvons-nous appliquer cela à notre public ?
Ici l’exemplarité n’est pas suffisante.
Il y eut des expériences pédagogiques où l’autorité résultait d’une tâche collective, d’une organisation du travail et de la relation pédagogique.
J’ai travaillé 20 ans en pédagogie de projet. 20 années les plus belles de ma vie. On n’a jamais même imaginé qu’on pouvait chercher une autorité quelconque, c’est un mot qui ne venait même pas dans notre classe.
Prendre le temps d’accompagner les enfants dans un projet personnel.
Respecter la personnalité qui se construit de jour en jour.


J'invente de nouveaux outils. 
Plus rien de ce qui fonctionnait autrefois ne fonctionne aujourd'hui (Dominique)
Il faut replonger dans les Traditions et créer à partir de là (Armand).

Dans les arts martiaux, je ne dois pas me mentir, je dois me connaître, je dois aussi connaître l’autre, ses défauts, ses qualités. Mais je le comprends et j’ai du respect. (Thierry Marx, chef cuisinier)

Je vois des gens qui veulent enseigner mais qui sont déjà dans une forme de répulsion de l’autre. Ils voudraient être autorité, exemplarité. Ils voudraient changer l’autre. Mais l’homme ne résiste pas au changement, il résiste à être changé.

Namasthe – Je salue l’Etre qui est en vous.
Le germe majeur de la violence à l’école ? Ne pas dire bonjour quand on croise quelqu’un.
Si on ne reconnaît pas quelqu’un, on ne peut avoir une relation de confiance, et donc d’autorité.
Créer un cérémonial pour rentrer en relation avec l’intimité de l’autre

Quand j’entre dans la classe, je choisis mon pas, je fais attention à mon souffle.
Je vais prendre autorité sur le lieu pour faire passer le message que je veux faire passer. Dans une salle de cours, le VERBE doit toucher juste. Le MOT qui sera retenu par l’élève est quelque chose qui va toucher le côté émotionnel de l’individu. J’ai besoin que les mots  touchent juste mon côté émotionnel et non de recevoir des mots qui ne vont pas me dire grand choses si je n’arrive pas à entrer dans leur univers.

Je choisis les mots qui vont toucher l’émotionnel de mes élèves. (Thierry Marx)

Il faut savoir tirer un trait, retrouver son centre, retrouver sa vérité.

SI VOUS NE VOUS CONNAISSEZ PAS, VOUS NE CONSTRUISEZ PAS.

Il va falloir que le cadre éducatif familial ou scolaire
soit emprunt de cette vérité.

lundi 5 mars 2012

vendredi 10 février 2012

Questions à Armand Bernardi, producteur et réalisateur d’une série de 6 films documentaires autour de grands thèmes éducatifs : l’autorité, l’éducation à l’image, le corps, la mort, les rêves et les inégalités.


(entretien avec les représentantes de l'association QUOKKA à Paris)

Avant de réaliser la série « Faire face », vous avez enregistré durant trois ans (de 2008 à 2010) des rencontres et des débats entre environ 13 000 enseignants et des acteurs engagés dans une réflexion sur la société. Pensez-vous que cela puisse aboutir à des changements à venir au sein de l’école ? 

Armand Bernardi – Pas à moyen terme. Ces rencontres organisées par la Ligue de l'enseignement et Milan Presse ont eu lieu dans le cadre de la formation continue des enseignants au sein des IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres). Environ 120 experts furent invités à partager leurs savoir-faire dans l'idée que ceux-ci pourraient aider aux changements futurs de l'école. Ces scientifiques, psychanalystes, philosophes, responsables de formation et autres personnes engagées dans le mouvement de la société, ne venaient pas donner aux enseignants des outils formatés, ni des réponses directes aux problèmes de gestion de classe à l'école. Ils invitaient à une réflexion plus profonde. Or, nous avons surtout rencontré des enseignants désemparés. Le thème qui les a motivés prioritairement fut celui de l'autorité. Ensuite venait celui des inégalités. Les autres thèmes pourtant fondamentaux de l'éducation, que l'on retrouve dans la série "Faire Face", leur ont semblé accessoires tant ils vivent dans l'urgence.
Faut-il être pessimiste alors pour l’école de demain ?  
A. B. – Oui et non à la fois. Nous avons encore du chemin à faire. Les "fondamentaux de l'éducation" qui donnent leur cohérence à ces savoir-faire ont quasiment disparu de notre société et de notre langage. La série "Faire Face" s'est donnée pour objectif de les mettre en premier plan. Tant que nous ne les aurons pas retrouvés et partagés, nous – parents, enfants et institutions - ne pouvons pas prétendre à construire l'école future. En même temps, les temps de crise peuvent être de vraies opportunités pour changer les choses. Nous parlons actuellement de "crise économique". Mais si nous faisons l'effort d'élargir notre champ de réflexion, nous voyons plutôt une "crise de valeurs", une crise intérieure qui touche tout être humain. Jusqu'au milieu du XXème siècle, on a considéré la Terre comme une ressource infinie de richesses et l'Humain comme limité (par ses conditions de naissance, ses compétences, sa richesse); aujourd'hui, on voit bien que les richesses terrestres sont limitées et que l'Humain est à considérer comme "illimité". C'est à mon sens cette mutation profonde que notre société va devoir effectuer. Ce sont les bases de l’éducation qui vont déterminer notre monde futur.
De quel ordre serait alors notre responsabilité parentale ?  
A. B. – La tâche semble énorme car nous avons délégué peu à peu (depuis les années 50) nos responsabilités parentales de l'éducation à des institutions…. La grande différence avec le passé est que les réponses à nos questions ne viendront pas "d'en haut", elles surgiront de nous-mêmes. Il nous faut retrouver la Philosophie du bon sens, qui n'est pas la philosophie à l'emporte-pièce du café du commerce ou des émissions télévisées. Cette Philosophie du bon sens pour éduquer n'est pas naturelle, elle s'apprend et se transmet. Cette tâche incombe en grande partie aux parents.
Que faire pour accompagner les parents dans cette tâche ?
A. B. – Je ne veux pas donner des réponses toutes faites. Chacun de nous doit faire des efforts pour échanger et laisser la place aux valeurs humanistes sans avoir d'idées préconçues. N'oublions pas qu'il y avait beaucoup de sagesse lors des réunions intergénérationnelles qui avaient lieu dans les veillées et les réunions associatives. Aujourd'hui, nous devons y revenir même si le monde actuel est devenu individualiste. Il me semble que c'est votre démarche chez Quokka… Demandons-nous par exemple "qui" sape l'autorité parentale ?  "Qui" crée la dépendance aux images ? "Qui" développe les inégalités ? etc. Les témoignages des milliers d'enseignants et éducateurs qui apparaissent dans la série « Faire Face » parviennent à circonscrire un adversaire sournois : la société de consommation. « Consommer c'est un gros mot, ça veut brûler, cramer… » dit Xavier Pommereau, psychiatre hospitalier pour enfants et adolescents. Le téléphone qui sonne en classe est-il prioritaire sur la parole de l'enseignant ? L'information formatée sur le web ne vient-elle pas écraser la pensée intellectuelle etc... Voilà, en réfléchissant comme cela, à partir de nous-mêmes, nous avons mis à jour un "adversaire". Il en est de même pour les autres fondamentaux. Lorsque nous sommes dans une vérité juste, l'enfant la comprend tout seul et fait lui-même l'effort de s'en dégager.
On retrouve cette approche dans la définition de l’autorité rappelée dans l'un des films : en latin, augeo signifie augmenter, faire grandir.
A. B. – Oui, cette définition hautement philosophique rappelle que nous avons l'autorité sur nos enfants lorsque nos paroles, nos actes et nos pensées reflètent une autorité supérieure. L’éducation consiste à mettre notre enfant en position plus haute que nous. Maintenant comprendre également que nous-mêmes nous nous tirons vers le haut lorsque nous rendons notre enfant meilleur que nous est une découverte merveilleuse à faire en qualité de parents.
La responsabilité du parent serait donc d'abord de se connaître soi-même ?
A. B. –"Connais-toi toi-même et tu connaitras l'univers les dieux" disait Socrate. Pascal en faisait une priorité : "Se connaître soi-même, cela sert au moins à régler sa vie…". Dans le langage des Compagnons du Devoir qui est le mien, on dit que la graine ne pousse pas seule. Il faut la protéger, la soigner, l'arroser, la tailler, afin qu'elle donne naissance au nouvel arbre. L'identité individuelle d'un enfant, c'est cet arbre à venir et qui est pourtant déjà là, en germe. De façon identique, pour un Compagnon, la pierre qu'il taille comporte déjà, en elle et de manière consubstantielle, la pierre parfaitement taillée. À lui de la retrouver. Ce retournement de la loi de causalité est un mystère. Mais un parent devrait considérer le petit être humain à qui il a transmis la vie comme un mystère infini.
Quelle cohérence éducative voyez-vous entre ce qui est transmis à l’école et ce qui est transmis par les parents ?
A. B. - A l’école, on se concentre maintenant exclusivement sur les savoirs, délaissant complètement le système de croyances dans lequel vit l'enfant. A priori, ceci semble inhérent à une société laïque, sauf que les croyances vont bien au-delà de l'aspect religieux. Dans les films "Face aux images"  et "Face aux rêves et aux sciences" est abordé ce thème du SAVOIR et du CROIRE. Dans une éducation, qu’elle est la part de croyances et celle des savoirs dits objectifs ? L'épisode n°5 explique comment le Savoir et le Croire sont deux piliers entre lesquels on fait circuler un enfant afin qu'il se construise : il croit à quelque chose, du coup il acquiert le savoir qui l'accompagne.
Le rôle des parents serait de travailler sur les croyances ?
A. B. –Apprendre à son enfant à ne pas croire n'importe quoi, lui apprendre à choisir ce à quoi il croit, lui apprendre à changer de croyance de temps en temps... Voilà un beau chantier à une époque où les enfants ne croient plus  à grand-chose. "Tout se vaut", "tout est relatif"… entend-on souvent dans leur bouche. Dans l'épisode n°5, Yves Quéré et Pierre Léna, physiciens de l'Académie, se désolent de cette méconnaissance profonde de la notion de "relativité".
Le pédagogue Philippe Merieu donne de son côté une merveilleuse définition de l’enseignement. Pour lui, l’enseignant est celui qui émet la parole, celle du savoir, et qui en même temps est invité à se décentrer, pour se mettre à l’écoute de l’élève et de ses questions.
L'enfant va grandir grâce à ses questions et non par les réponses qu'on lui apporte (gaver de réponses étant encore une attitude de consommateur). Eduquer un enfant, c'est lui apprendre à se questionner lui-même.
Cela invite les adultes à un positionnement humble, à fuir toute autosatisfaction stérile, à éduquer non seulement avec l’intellect, mais aussi avec le cœur et le corps, dans une vraie relation à l’autre. L'école ne s'adresse qu'à l'intellect, elle se fiche du corps et du cœur. Les parents ont le droit et le devoir de s'en occuper car ils font grandir tout autant.
En quoi le rêve occupe-t-il une place importante dans l’éducation des enfants et peut être aussi dans l’orientation?
A. B. – Le rêve, c’est une promesse, celle de l’embryon dans le ventre de la mère. Les rêves de consommation ne vont pas bien loin, ils ne nourrissent pas, ils gavent et provoquent une addiction. C’est pareil pour les  « j’aime/ j’aime pas » qui sont souvent des a priori, des stéréotypes. Ce qu’il faut protéger, ce sont les "bons rêves". Dans l'épisode n°5 des scientifiques comme Pascal Picq (paléoanthropologue) et André Brahic (astrophysicien) émettent l’idée de laisser parler les enfants sans les influencer, car ce sont leurs rêves qui vont les guider et donner un sens à leur vie. Oui, une orientation scolaire bien menée serait la concrétisation pas à pas d'un rêve. Et alors explosent toutes les peurs engendrées par notre société de consommation.
Vous-même, avez-vous été bien orienté?
A. B. – Pas du tout ! Comme j’étais très bon en maths, pour faire plaisir à mes professeurs, j’ai fait deux ans de Maths Sup et Spé. Mais l'aspect de ces études entièrement tournées vers la technologie productiviste m'a rebuté. Aussi, à deux mois des concours de Polytechnique et autres grandes écoles, j’ai tout arrêté pour démarrer une école de cinéma !  Bien plus tard, j’ai compris que ce n’étaient pas les mathématiques qui m’intéressaient. C'était la géométrie, cette géométrie issue de la philosophie traditionnelle qui structure l’espace, le temps et la pensée. Cette géométrie qui fouille l’inconnu rationnellement et explique les archétypes de l'humanité et les symboles. Si j'avais été bien orienté, si j'avais rencontré quelqu'un d'assez cultivé et au fait de ces choses, je n'aurais pas perdu autant d'années. Finalement, mon rêve m'a rejoint. J'apprends à penser juste et je le transmets, comme on apprend un tracé…

Six films qui nous aident à réfléchir aux fondamentaux de l'éducation, aujourd'hui. Six films pour une magnifique ouverture de conscience... à vous de voir !

Six films à voir absolument et une seule question : Quelle éducation dans un monde en crise ?


'Les questions soulevées par l'éducation n'engagent pas seulement l'avenir des enfants, elles déterminent aussi le nôtre.


Les mutations de notre société sont devenues si rapides qu'à tous les niveaux, l'éducation semble décalée. dans les milieux éducatifs comme au sein de la cellule familiale, la transmission des savoirs sur lesquels fut bâtie notre société est devenue difficile. Les adultes - parents, enseignants, éducateurs sociaux - sont souvent dépassés.


Cette collection de 6 DVD de 52 minutes traite de thèmes essentiels de l'éducation avec des personnages 'exemplaires' : metteur en scène, psychiatre, chef cuisiner, chef d'orchestre, entraîneur de handball... Nous découvrons comment ils appréhendent ces questions éducatives dans de nombreuses situations, sur leurs lieux de travail et de vie. Ces personnages ne donnent pas de conseils, ni de réponses péremptoires ou d'outils formatés. Avec eux, nous vivons des expériences à travers des situations concrètes ; nous partageons des réflexions visant une interprétation globale du monde et de l'existence ; nous découvrons un certain humanisme. En rapprochant ces personnages très divers, nous osons des questionnements, nous confrontons des opinions d'où jaillissent des idées novatrices.'


Six documents : 
- Face à l'autorité, 
- Face au corps, 
- Face aux images, 
- Face à la mort, 
- Face aux rêves, 
- Face aux inégalités. 


Une collection 'ouverture de conscience', souffle nouveau... à vous de voir - absolument !



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